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Témoignages_______________________________________________________________________ 16 juillet 2008 Mes Chers Intervenants, Quand je suis venu ici il y a cinq semaines, je n'étais pas une personne fonctionnelle. La dépression et ma dépendance de l'alcool avait ruinée ma vie. Je me nourrissais avec de l'alcool et des repas liquides.... je n'étais pas en bonne santé. Les médecins ont essayé de m'aider plusieurs fois mais sans résultats. Pour dire la vérité, je n'étais pas sûr s'il existait une aide qui pouvait réellement m'aider. J'ai passé ma première nuit en larmes à cause des effets graves du sevrage de l'alcool. J'étais sûr qu'un programme qui n'utilise pas des médicaments ne pouvait être efficace. Mais au bout d'une semaine, je ne comprenais même plus pourquoi je consommais de l'alcool avant. Chaque journée après, je faisais des progrès remarquables. Après deux semaines, quand j'ai finalement eu l'opportunité de communiquer avec ma famille et des amis, ils ne m'ont pas reconnu. J'avais l'esprit clair après seulement 14 jours. Avec chaque semaine, je faisais d'autres progrès incroyables. Aujourd'hui non seulement ai-je le corps et l'esprit clair, j'ai aussi des plans pour remettre ma vie sur le droit chemin. Je vous remercie tous. La vie m'attend. PG ______________________________________________________________________ Avril 2008 Il faut vraiment m'avoir vue à mon arrivée pour comprendre l'état dans lequel j'étais et le chemin que j'ai parcouru. Quand je me suis décidée à venir ici, je suis vraiment passée par toutes les phases possibles. Au début, je me sentais faible d'avoir à demander de l'aide et je paniquais. Je me demandais comment j'allais réussir à redevenir celle que j'avais pu être avant, si je n'arrivais même pas à me prendre en main ou à contrôler mes émotions. Un peu plus tard, je me suis sentie super contente. J'avais l'impression que je partais en vacance et que ça me permettrait de décrocher de la routine et de m'éloigner de mes problèmes quelques temps. Puis, la veille de mon arrivée, je suis devenue totalement hystérique et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps tellement je me sentais dégueulasse et tellement je réalisais à quel point j'étais rendue bas. Toutes les conneries que j'avais pu faire, depuis que j'avais commencé à m'enfoncer, me sont revenues à l'esprit et j'ai passé la nuit à pleurer tellement je m'en voulais et tellement j'avais honte. Autant à cause de la fatigue que de la peine et que de mes derniers trips, j'étais totalement à bout de nerfs en arrivant. Je ¨shakais¨ de partout, j'avais des spasmes musculaires au niveau des jambes, j'étais stressée, j'avais peur et j'essayais de me concentrer le plus possible pour ne pas éclater en crise de panique. Je courrais après mon souffle, j'avais le coeur qui voulait me sortir de la poitrine, j'étais mal à l'aise et j'avais honte. J'étais totalement épuisée, totalement à bout de mes forces et j'ai vraiment fait mon possible pour me contrôler et rester calme, mais j'ai eu beaucoup de mal. Durant les premières journées que j'ai passé ici, j'étais hantée par des souvenirs assez répugnants et ils me tourmentaient à temps plein jusqu'à ce que je fasse les exercices d'assiste et de locationnel. J'ai eu beaucoup de mal à croire que quelque chose d'aussi simple puisse avoir des effets bénéfiques, mais je dois avouer que ça m'a beaucoup aidé à me percevoir dans le temps présent et à accorder moins d'importance au temps passé. Par contre à ce moment, j'étais toujours persuadée qu'en sortant du Centre, j'aurais encore la forte envie de me retrouver au petit bar que j'aimais tant et où j'avais pourtant perdu tout mon sens moral et tout mon respect. Les premières journées de sevrage auraient été insurmontables si j'avais dû les faire chez moi. Bien que ma famille soit très présente dans ma vie et soit prête à tout pour m'aider, je ne crois pas qu'ils auraient pu m'apporter l'aide que j'ai reçu ici. Le fait que les Superviseurs connaissent parfaitement le Programme pour l'avoir expérimenté et qu'ils ne portent aucun jugement, m'a aidé autant que le fait de ne pas être seule et de pouvoir partager mes angoisses avec quelqu'un qui vivait la même chose que moi et ce, au même moment. Les ¨trips¨ que j'ai vécus dans le sauna n'ont pas été de tout repos. J'ai revécu des périodes de ma vie et, au début, j'aurais préféré les oublier et les effacer de ma mémoire, mais, par la suite, ils m'ont permis de prendre conscience de l'état mental dans lequel j'ai pu me trouver à plusieurs reprises et, avec un peu de recul, ce qui en est ressorti, ça n'a pas été principalement la honte de ce que j'avais fait, mais plutôt le refus définitif de me revoir un jour dans cet état. J'ai compris en étant ici que, sous l'effet des drogues ou de l'alcool, il m'était impossible de mériter ou de recevoir du respect de la part des autres, puisque, de toute façon, je ne me respectais pas moi-même. En étant ici, j'ai eu l'opportunité de discuter de mes angoisses face à l'avenir avec les superviseurs ainsi qu'avec les autres participants. Ça m'a permis de comprendre que je n'étais pas seule dans ma situation et de ressentir un véritable soutien moral qui m'a apporté beaucoup de réconfort. En faisant des activités aussi banales que de prendre une marche à l'air libre avec les superviseurs ou que de discuter tous ensemble en cuisinant un bon repas, j'ai appris à rire et à avoir du plaisir. Puisque je suis tombée dans les drogues et dans l'alcool très jeune, j'avais l'impression de n'avoir connu rien d'autre et d'être incapable de m'amuser ou de profiter de la vie en étant ajeun. J'ai réappris à m'amuser et même à être émerveilée par des beautés simples de la vie que je ne percevais malheureusement plus sous les effets des drogues. J'ai beaucoup de mal à croire que j'ai pu tant grandir en si peu de temps, mais je n'ai pas le choix de le constater en repensant à ma première journée au Centre et aux raisons qui m'ont poussé à y aller. Je me rend compte que je n'avais aucune raison d'avoir honte de demander de l'aide parce que je sais aujourd'hui que je n'y serais pas arrivée seule. Je ne ressens plus vraiment de culpabilité par rapport aux bêtises que j'ai faites. Je sais aujourd'hui que c'est de descendre bas qui m'a permis de me sentir remontée si haut et je suis fière de moi et de ce que j'ai accompli. Si je devais résumer tous les apprentissages dont j'ai bénéficié ici en une phrase, c'en serait une que j'ai apprise ici : Il est possible de faire des erreurs et d'en payer le prix, mais il est inutile de gâcher sa vie sous prétexte qu'on en a une seule. Aujourd'hui, je sais qu'il m'est impossible de profiter de la vie si je ne suis pas en état de me rappeller des beautés du moment présent. Je ne ressens plus aucun besoin d'être quelqu'un d'autre que moi-même et je n'ai étrangement aucune envie de faire face à des lieux ou à des gens qui ne respectent pas ma façon de penser. Je me surprend maintenant à sourire en regardant les oiseaux le matin, en regardant le courant du fleuve emporter la dernière neige et même, en voyant une envolée d'outardes. Il m'est même arrivé qu'un soir, une Superviseure m'ayant vu rêvasser, assise sur un banc face au fleuve, en regardant le coucher de soleil, m'a demandé ce que je faisais assise là depuis si longtemps et la seule réponse que j'ai trouvée, a été : ' Je profite ! '. Aujourd'hui, je me considère comme heureuse et je crois que le bonheur, c'est un choix et non un chemin. C'est inutile de dire - plus tard, je serai heureuse - ou - plus tard, je me prendrai en main -. C'est aujourd'hui que la vie se vit et c'est aujourd'hui que l'avenir se construit. HL. _______________________________________________________________________ LETTRE DE SUCCÈS La toxicomanie ? Je connais bien, j’ai consommé de la drogue dès l’âge de 13 ans jusqu’à 25 ans. Pour toutes sortes de raisons au départ, parce que je les trouvais inoffensives, parfois pour vivre des sensations fortes, parfois pour relaxer. Rapidement, nous n’avons fait qu’un ; la drogue et moi. De fin de semaine en fin de semaine, de sortie en sortie, de trip en trip et finalement d’émotions en émotions. Malheureusement, la réalité est que ces émotions restaient au fond de moi et la drogue, étant tout ce que j’avais connu pour les noyer, c’était ma vitamine quotidienne. J’étais loin d’être heureuse mais avec la drogue au moins, j’en avais l’air. Maryse Boucher
On peut y faire quelque chose
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